Temps pour du neuf
L'histoire du PSC illustre l'évolution de la psychiatrie au cours des dernières décennies. Lorsqu'il a démarré en 1978, il n'existait pas d'habitation protégée, il n'y avait pas d'équipes mobiles... Il y avait des hôpitaux (services psychiatriques ou unités PAAZ), avec des services ouverts et fermés, des unités d'admission et de traitement, des services aigus et chroniques – mais pour le reste : rien. Un patient était soit hospitalisé, soit à domicile. Il n'existait aucune forme de soins dans la communauté.
Le PSC est né du besoin urgent de proposer quelque chose de « différent » – un besoin ressenti dans les unités de soins pour psychose de l'ancienne clinique Sint-Jozef à Kortenberg. L'expérience y montrait que le suivi et l'accompagnement des patients qui, après un premier épisode psychotique et un séjour de plusieurs mois à l'hôpital, retournaient à domicile ou allaient éventuellement vivre seuls, laissaient à désirer. La conséquence malheureuse en était la rechute, plus d'une fois. C'est précisément au moment où le patient quittait l'hôpital que le plus grand défi l'attendait : trouver un nouvel élan et une nouvelle structure, reconstruire une nouvelle vie, reprendre le fil qui avait souvent été brutalement rompu par la crise psychotique.
La nouvelle initiative a pris la forme d'un centre d'hospitalisation partielle de nuit. L'hospitalisation partielle était et reste surtout appliquée sous forme d'hôpital de jour. Le raisonnement, en 1978, était toutefois le suivant : si les patients doivent, après leur hospitalisation, retrouver le chemin de la société et reconstruire une vie, il n'a guère de sens de les faire venir à l'hôpital pendant la journée et de les renvoyer chez eux le soir. Inversions la logique. Nous essayons de les accompagner pour qu'ils puissent à nouveau occuper une place dans la société pendant la journée – étudier, suivre une formation, travailler, éventuellement dans un atelier protégé – en les soutenant en soirée, dans un cadre contenant.
Le contexte bruxellois
Pendant longtemps, le PSC a été étroitement lié, dans son fonctionnement, à l'UPC Sint-Jozef. Presque tous les patients étaient adressés depuis les unités de soins pour psychose de cet établissement. Mais progressivement, le PSC a trouvé de plus en plus sa place dans le contexte bruxellois. Aujourd'hui, la plupart des patients viennent en entretien d'admission depuis les hôpitaux bruxellois : Brugmann, Sans Souci, Fond'Roy, Titeca, UZ Jette. Ce dernier est, avec le PSC, le seul hôpital de Bruxelles disposant de lits psychiatriques avec une reconnaissance flamande.
Le PSC a donc trouvé sa place dans le contexte bruxellois complexe – dont il fait partie en tant qu'acteur de la zone de soins Sud – mais, au fil des années, il a aussi contribué à construire et à façonner ce contexte. Ainsi, en 1999, il a participé, dans le cadre d'une collaboration entre toutes les structures néerlandophones de Bruxelles, à la création du centre d'activités de jour Den Teirling, un lieu qui a joué et joue encore un rôle important pour de nombreux patients.
Plus récemment, la réforme des soins de santé mentale via l'article 107 et le développement obligatoire de réseaux par région a donné un élan supplémentaire à la collaboration avec d'autres institutions de soins bruxelloises.
Le travail dans le contexte bruxellois reste un défi, notamment en raison des problèmes propres au travail dans une grande ville, où la problématique des réfugiés, l'usage de drogues, le sans-abrisme, etc. se font sentir plus fortement que dans des régions plus rurales. Sur ce plan, il y a eu une grande évolution depuis les premières années.
Création du PSC
Début de l'habitation protégée
L'habitation protégée obtient une reconnaissance officielle
Les lits sont transformés en chaises.
Début des soins psychiatriques à domicile, avec du personnel du PSC et du VDAB.
Ouverture du centre d'activités de jour Den Teirling
trACTor devient une équipe mobile à part entière
Création de la HerstelAcademie
Un réseau avec une « maison-mère »
Le PSC a débuté en 1978 comme hôpital de nuit, mais ne s'est pas arrêté là. En 1995, les lits ont été transformés en chaises. Avec le développement de l'habitation protégée, la demande d'hospitalisation de nuit a progressivement diminué, tandis que le besoin d'activités de jour pour les résidents a augmenté.
Le PSC a joué un rôle (de pionnier) dans le développement de cet habitation protégée et, plus tard, dans celui des soins à domicile/équipes mobiles. Les projets d'habitation protégée et trACTor sont nés au départ du PSC, d'où ils ont été lancés comme projets pilotes, bien avant de pouvoir être officiellement reconnus. L'habitation protégée a démarré en 1981 et a été reconnu en 1990 – les soins psychiatriques à domicile ont débuté en 1997 avec du personnel libéré par le PSC et par le VDAB, avant que trACTor ne devienne une équipe mobile à part entière en 2011. L'habitation protégée et trACTor ont donc un lien historique avec le PSC et, dans le fonctionnement quotidien, la collaboration et les échanges restent importants.
Le PSC est et reste, dans une certaine mesure, une « maison-mère », qui offre également des services aux patients de l'habitation protégée et de trACTor. Cela peut aller de l'administration de médication retard, à l'utilisation du café et du jardin, en passant par la participation à certaines activités, la permanence 24h/24 et 7j/7, le gâteau du dimanche, ou encore un lit « sur ordonnance » pour les résidents en crise...
Un nouvel état d'esprit
La lutte contre la stigmatisation est un enjeu auquel nous accordons beaucoup d'importance au PSC. Nous considérons en effet qu'il est de notre mission non seulement de développer de bons soins pour nos patients et résidents, mais aussi de prendre une responsabilité envers la société : combattre les idées reçues à propos des personnes psychiquement vulnérables et valoriser leur contribution à la société.
Depuis les débuts du PSC, l'état d'esprit a fortement évolué. Les patients ne sont plus seulement des personnes malades dont on attend qu'elles se soumettent docilement au traitement d'un spécialiste. Ce sont aussi des citoyens avec des droits et des talents. Ce sont des personnes avec une vulnérabilité qui peuvent travailler à leur propre rétablissement et, grâce à leur expertise du vécu, aider d'autres personnes. Les collaborateurs du PSC ont été fortement impliqués dans le développement et le fonctionnement de la HerstelAcademie dans notre région.
C'est l'une des façons dont le PSC tente de réaliser ce qu'il veut représenter et de concrétiser sa mission : « le PSC est un lieu à bas seuil où des adultes avec une vulnérabilité psychotique trouvent un point d'appui pour travailler à leur rétablissement dans un environnement créatif ». L'innovation, l'indépendance (et, en lien avec cela, l'échelle humaine) et la participation des patients ont, depuis le début, été des principes directeurs.